Devis BTP : les mentions obligatoires à ne jamais oublier
7 octobre 2026
Un devis incomplet ne pose aucun problème visible le jour où on l'envoie. Le client signe, les travaux se déroulent normalement. Le souci apparaît plus tard : un litige sur le prix, un désaccord sur ce qui était inclus, ou un contrôle qui relève une mention manquante.
Voici la liste des mentions à vérifier sur chaque devis BTP, avec ce qu'elles protègent concrètement. Elle s'appuie sur la réglementation applicable aux prestations de bâtiment pour les particuliers, en particulier l'arrêté du 24 janvier 2017, que beaucoup de professionnels appliquent par précaution à l'ensemble de leurs devis.
Cet article donne des repères pratiques, pas un avis juridique : pour un cas particulier, rapprochez-vous de votre organisation professionnelle ou de la DGCCRF.
1. Les mentions d'identification
Elles disent qui fait quoi, pour qui, et où.
- La date d'établissement du devis, qui sert aussi de point de départ à sa durée de validité
- Votre identité : nom ou raison sociale, adresse, coordonnées, et numéro SIRET
- L'identité du client : nom et adresse
- Le lieu d'exécution des travaux, quand il diffère de l'adresse du client
Pour un entrepreneur individuel, la mention « EI » ou « entrepreneur individuel » doit accompagner le nom. Pour une société, la forme juridique et le capital figurent sur les documents.
2. La description des travaux
C'est la partie qui évite le plus de litiges. Une ligne du type « rénovation salle de bain » ne protège personne : le client y voit tout ce qu'il imagine, vous y voyez ce que vous avez prévu.
Décrivez chaque prestation de façon précise :
- la nature de ce qui sera fait et le périmètre (quelles surfaces, quelles pièces)
- les matériaux et fournitures prévus, avec leur référence ou leur gamme quand c'est pertinent
- ce qui est exclu, quand le client pourrait raisonnablement l'attendre (évacuation de gravats, reprise de l'électricité, finitions)
Cette dernière précision est souvent la plus utile. Un poste exclu écrit noir sur blanc évite de devoir le discuter, ou de l'absorber, une fois le chantier commencé.
3. Le détail des prix
Le devis doit permettre au client de comprendre ce qu'il paie. Pour chaque prestation, on attend :
- la quantité et l'unité (m², mètre linéaire, forfait, heure)
- le prix unitaire
- le montant de la ligne
Pour la main d'œuvre, indiquez le taux horaire toutes taxes comprises et la manière dont le temps est décompté (à la demi-heure, temps de préparation inclus ou non), plutôt qu'un montant global sans explication.
Si des frais de déplacement s'appliquent, ils doivent apparaître séparément et clairement.
Enfin, le devis doit afficher le total hors taxes, le ou les taux de TVA applicables, et le total toutes taxes comprises. Si vous êtes en franchise de TVA, la mention correspondante (article 293 B du CGI) doit figurer sur le devis, à la place de la TVA. C'est l'une ou l'autre, jamais les deux.
4. La durée de validité de l'offre
Un devis sans durée de validité est une offre ouverte. Si le client signe six mois plus tard, alors que le prix des matériaux a évolué, vous êtes engagé sur les conditions d'origine.
Indiquez une date limite ou une durée (« valable 2 mois à compter de la date d'émission »). Pour des chantiers dépendant de matériaux dont les prix fluctuent, une durée courte vous protège davantage.
5. La mention « devis gratuit » ou « devis payant »
C'est une mention souvent oubliée parce qu'elle semble évidente. Elle est pourtant demandée explicitement : le devis doit préciser s'il est gratuit, et s'il est payant, à quel prix.
Si vous facturez l'établissement de certains devis (étude préalable longue, déplacement sur site important), le client doit en être informé avant que vous ne le réalisiez, et la mention doit figurer sur le document.
6. L'assurance décennale et les autres obligations
Pour les travaux qui relèvent de la garantie décennale, indiquez sur vos documents commerciaux :
- le nom de votre assureur
- le numéro de contrat
- la couverture géographique
Au-delà de la mention, le défaut d'assurance obligatoire est une infraction sérieuse. Ce n'est pas un détail de présentation : vérifiez que votre attestation est à jour avant de l'indiquer.
Selon votre situation et votre activité, d'autres mentions peuvent s'ajouter, par exemple :
- les coordonnées d'un médiateur de la consommation, que le professionnel est tenu de communiquer au consommateur
- les informations sur la gestion des déchets de chantier, dont l'estimation des quantités, la destination et le coût
- la mention du délai de rétractation de 14 jours, quand le client signe hors de votre établissement, c'est-à-dire presque toujours chez lui
7. La signature et le « bon pour accord »
Le devis n'engage le client que lorsqu'il l'a accepté. La signature accompagnée de la mention « bon pour accord » et de la date, sur un devis complet, vaut contrat.
C'est pour cela qu'un devis soigné vous protège autant qu'il protège le client : tout ce qui n'y figure pas sera difficile à facturer après coup, et tout ce qui y figure vous engage.
Ce que risque un devis incomplet
Le manquement aux obligations d'information du consommateur peut être sanctionné par une amende administrative qui peut atteindre 3 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une société. Des décisions de justice ont aussi annulé des contrats entiers pour des informations manquantes, ce qui peut laisser l'artisan sans paiement pour un chantier réalisé.
Le risque le plus fréquent reste pourtant moins spectaculaire : un client qui conteste une ligne, et un devis trop vague pour trancher en votre faveur.
En résumé
Un devis BTP complet réunit sept blocs : l'identification des parties, la description précise des travaux, le détail des prix, la durée de validité, la mention gratuit ou payant, les informations d'assurance et de consommation, et la signature avec « bon pour accord ». Prendre l'habitude de les vérifier une fois, avec un modèle fiable, évite de les redécouvrir un par un lors d'un litige.
DevisArti reprend automatiquement les informations de votre entreprise (SIRET, assurance décennale) et la mention de TVA ou de franchise sur chaque devis, avec une zone de signature prévue pour le « bon pour accord ». Moins de mentions à retaper, moins de risques d'en oublier.
Questions fréquentes
Un devis est-il obligatoire pour des travaux de bâtiment ?
Pour les prestations de dépannage, de réparation et d'entretien dans le bâtiment, un devis écrit préalable est obligatoire dès que le prix dépasse un certain seuil ou que le client le demande. Pour les autres travaux, il n'est pas toujours imposé par la loi, mais il reste fortement recommandé : c'est lui qui fixe ce qui a été convenu et qui protège les deux parties.
Combien de temps un devis reste-t-il valable ?
La loi n'impose pas de durée unique : c'est à vous de la préciser sur le devis. Une durée de 1 à 3 mois est courante dans le BTP. Sans date de validité affichée, le client peut considérer que l'offre reste ouverte, y compris si le prix des matériaux a changé entre-temps.
Faut-il indiquer si le devis est gratuit ou payant ?
Oui. Le devis doit préciser s'il est gratuit ou payant, et, s'il est payant, son prix. Cette mention fait partie de celles que la réglementation demande explicitement, et son absence peut être sanctionnée.
L'assurance décennale doit-elle figurer sur le devis ?
Pour les travaux qui relèvent de la garantie décennale, le professionnel doit pouvoir justifier de son assurance et en faire mention dans ses documents commerciaux : nom de l'assureur, numéro de contrat et couverture géographique. Mieux vaut l'indiquer systématiquement.
Un devis signé a-t-il valeur de contrat ?
Oui. Un devis daté, détaillé et signé par le client avec la mention « bon pour accord » vaut contrat. D'où l'intérêt qu'il soit complet : ce que le devis ne prévoit pas est difficile à facturer ensuite.