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Comment arrêter de faire ses devis le soir et le week-end

14 octobre 2026

Vous rentrez du chantier à 18 h 30, vous mangez, et à 21 h, la table du salon est de nouveau un bureau. Trois devis à finir, des notes prises sur un coin de papier, des mesures à retrouver. Le week-end, rebelote.

Ce temps-là n'est facturé à personne, et il pèse plus qu'on ne le croit. Voici pourquoi les devis finissent le soir, ce que cela coûte, et comment les terminer avant de quitter le client.

1. Pourquoi les devis finissent toujours le soir

Le schéma est presque toujours le même. La journée est prise par les chantiers en cours. Les visites se font entre deux, ou en fin de journée. On note l'essentiel sur un carnet, un message, un croquis, et on se dit qu'on chiffrera plus tard.

Et plus tard, c'est le soir. Avec trois freins :

  • La double saisie : on relève les informations sur le chantier, puis on les retape pour construire le devis.
  • La mémoire qui flanche : on ne se souvient plus si le mur faisait 3,80 m ou 3,60 m, ni si le support était sain.
  • La fatigue : après une journée de travail, on chiffre moins bien, et c'est là que les postes oubliés se glissent (voir l'article sur les erreurs de chiffrage).

2. Ce que ça coûte vraiment

Prenons un exemple, à adapter à votre cas : 4 devis par semaine, environ 1 h 15 chacun pour les reprendre et les finaliser le soir. Cela fait 5 heures par semaine, soit 20 heures par mois. Plus de deux journées de travail complètes, données gratuitement chaque mois.

À cela s'ajoute un coût moins visible : le délai de réponse. Un client qui a fait venir deux ou trois artisans compare ce qu'il reçoit. Celui qui reçoit votre devis trois jours après la visite, quand un autre le lui a déjà remis, part avec un handicap. Ce n'est pas une règle absolue, mais beaucoup d'artisans constatent qu'un devis envoyé vite a plus de chances d'être lu, et signé.

3. Préparer la visite avant d'arriver

Un devis sur place se prépare avant la visite, pas pendant. Trois choses à avoir sous la main :

  • Vos prix à jour : taux horaire, prix des fournitures que vous utilisez le plus, coefficient de marge. Si vous devez les chercher ou les recalculer devant le client, le devis ne se fera pas.
  • Une liste de questions fixe, la même à chaque visite : accès, stationnement, état du support, travaux préalables, délais souhaités, budget approximatif, choix de matériaux déjà faits ou non.
  • Un outil pour relever les mesures et prendre des photos, qui se retrouvent ensuite au même endroit que le devis.

4. Pendant la visite : relever pour chiffrer, pas pour recopier

La différence entre un relevé qui permet de chiffrer sur place et un relevé qu'il faudra décrypter le soir tient à la structure.

  • Pièce par pièce, avec les dimensions utiles au chiffrage : surfaces, hauteurs, longueurs, nombre d'ouvertures.
  • L'état réel du support, noté à ce moment-là : fissures, humidité, anciens revêtements, planéité. C'est ce qui fait varier le temps de pose.
  • Les contraintes d'accès : étage sans ascenseur, passage étroit, stationnement à distance.
  • Les choix du client, validés sur place : gamme, finition, couleur. Chaque choix laissé en suspens est une question de plus à poser plus tard, et une raison de plus de renvoyer le devis au lendemain.
  • Ce qui est exclu, dit à voix haute pendant la visite, puis écrit sur le devis.

Une photo vaut mieux qu'une note, mais une photo sans mesure ne suffit pas : prenez les deux.

5. Le devis terminé avant de partir

Une fois le relevé fait, dix à vingt minutes sur place suffisent souvent pour un chantier courant : dans la voiture, ou directement avec le client. L'avantage va au-delà du gain de temps :

  • le client voit le détail du devis et peut poser ses questions immédiatement ;
  • vous corrigez un malentendu tout de suite (« je pensais que c'était compris ») plutôt qu'après envoi ;
  • le devis part le jour même, pendant que votre visite est encore fraîche dans l'esprit du client.

Un point à garder en tête : si le client signe chez lui, le contrat est conclu hors de votre établissement, ce qui ouvre un droit de rétractation de 14 jours, à indiquer sur le devis. Les mentions à prévoir sont détaillées dans l'article sur les mentions obligatoires du devis.

6. Ce qu'on peut raisonnablement garder pour plus tard

Tout ne se chiffre pas devant le client, et ce n'est pas la peine de s'y obliger. Certains chantiers demandent un prix de fournisseur, un avis de sous-traitant ou un calcul de structure : forcer un chiffrage sur place risque de produire une erreur coûteuse.

Dans ce cas, appliquez une règle simple : dites au client, avant de partir, quel jour il aura le devis, et tenez-vous-y. Un délai annoncé et respecté rassure bien plus qu'un devis rapide mais approximatif.

7. Se fixer une règle pour récupérer ses soirées

Rien ne change sans règle claire. Trois idées qui fonctionnent bien :

  • Le soir et le week-end, pas de devis. Si un devis déborde, il se fait le lendemain matin, sur un créneau prévu pour cela.
  • Un créneau dédié en journée, par exemple la dernière demi-heure avant de quitter le chantier en cours, pour finir ce qui reste.
  • Un objectif de délai : devis envoyé le jour de la visite pour les cas simples, sous 48 heures au maximum pour les autres.

En résumé

Les devis du soir viennent d'un relevé qu'il faut retranscrire plus tard. En préparant la visite (prix à jour, questions fixes), en relevant de façon structurée pièce par pièce, et en construisant le devis avec le client plutôt qu'après son départ, la majorité des devis courants peuvent partir avant que vous ne quittiez les lieux. Pour les autres, annoncez une date et respectez-la. Le gain se compte en dizaines d'heures par mois, et en devis envoyés avant ceux des concurrents.


DevisArti est pensé pour ce moment-là : les modules peinture, carrelage, plaquiste et maçon calculent les quantités à partir des mesures relevées sur place, la saisie se fait directement sur le téléphone, pendant la visite, et le devis part en PDF dans la foulée, avec signature sur l'écran si le client le souhaite. Les relances à J+3, J+7 et J+14 se font ensuite automatiquement, sans y penser.

Questions fréquentes

Peut-on vraiment faire un devis complet pendant la visite du chantier ?

Pour la plupart des prestations courantes (peinture, carrelage, cloisons, petite maçonnerie), oui, à condition d'avoir relevé les bonnes informations et de disposer de vos prix à portée de main. Pour un gros chantier qui demande des devis de fournisseurs ou de sous-traitants, mieux vaut ne pas se forcer : fixez au client un délai d'envoi précis.

Quel délai raisonnable pour envoyer un devis qu'on ne peut pas faire sur place ?

La loi n'impose pas de délai d'envoi. En pratique, 24 à 48 heures est une durée que la plupart des clients trouvent normale, et l'important est de leur annoncer la date avant de partir, puis de la tenir.

Faut-il facturer le temps passé à établir un devis ?

Vous pouvez le faire, mais le devis doit alors être indiqué comme payant, avec son prix, et le client doit en être informé avant que vous ne le réalisiez. Sans cette information préalable, le devis est considéré comme gratuit.

Un devis fait devant le client est-il moins sérieux ?

Non, au contraire : le client voit le détail se construire, pose ses questions tout de suite et comprend ce qu'il paie. Un devis clair, précis et remis rapidement donne l'image d'un artisan organisé.